Coût d'une carte grise - prix à payer pour faire une carte grise

Le coût d'un certificat d'immatriculation — ce que l'on appelle encore couramment la carte grise — n'est pas un montant fixe. Il résulte de l'addition de plusieurs taxes dont certaines dépendent du véhicule (puissance fiscale, date de mise en circulation, émissions de CO₂, énergie utilisée) et d'autres de la région de résidence du titulaire. Comprendre la composition du prix permet d'anticiper la dépense avant une immatriculation, et d'identifier les exonérations auxquelles on peut prétendre.

La fiche de référence Quel est le coût du certificat d'immatriculation ? détaille les taux en vigueur et leur évolution. Les montants des taxes régionales étant votés chaque année par chaque conseil régional, les chiffres doivent être vérifiés au moment de la démarche — ils apparaissent directement dans le simulateur officiel de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) lors du dépôt du dossier.

Les cinq composantes du prix

Le total facturé à l'usager se décompose en cinq lignes :

  • la taxe régionale (Y.1 sur la carte grise), proportionnelle à la puissance fiscale du véhicule et au tarif du cheval fiscal voté par la région de résidence ;
  • la taxe sur les émissions de CO₂ dite « malus écologique » (Y.2), applicable aux véhicules neufs ou importés dont le taux d'émission dépasse un seuil fixé chaque année par la loi de finances ;
  • la taxe fixe de 11 € (Y.4), due pour toute opération d'immatriculation, quel que soit le véhicule ;
  • la taxe de gestion de 4 € (Y.5), destinée au financement du Système d'immatriculation des véhicules (SIV) ;
  • la redevance d'acheminement de 2,76 € (Y.6), qui couvre l'envoi en lettre suivie du titre imprimé par l'Imprimerie nationale.

Le champ Y.3 correspond à une taxe formation professionnelle applicable aux véhicules utilitaires. Le champ Y.sigma affiche la somme des lignes Y.1 à Y.6, c'est-à-dire le montant total réglé lors de la démarche.

La taxe régionale, premier poste de dépense

La taxe régionale est calculée par multiplication de la puissance fiscale du véhicule (en chevaux fiscaux, indiquée au champ P.6 de la carte grise) par le tarif du cheval fiscal fixé par la région de résidence du titulaire. Le tarif varie selon les régions et est révisé chaque année par délibération du conseil régional. Les écarts entre régions peuvent être significatifs : pour un véhicule de 7 CV, la différence de taxe peut dépasser 200 € d'une région à l'autre.

Certaines régions appliquent un abattement de 50 % sur le tarif pour les véhicules de plus de dix ans et pour certaines catégories (véhicules propres, utilitaires de faible tonnage). D'autres ont voté des exonérations totales pour les véhicules à faibles émissions — électriques, à hydrogène, hybrides rechargeables selon les cas. Les tarifs en vigueur dans chaque région sont publiés chaque année sur la fiche officielle F19211 liée plus haut.

Pour un véhicule d'occasion, la taxe régionale est réduite de 50 % si le véhicule a plus de dix ans à la date de la demande, sauf exceptions régionales. Pour un véhicule électrique, la plupart des régions appliquent une exonération totale.

Le malus CO₂ sur les véhicules neufs

La taxe sur les émissions de CO₂ (champ Y.2) s'applique à l'immatriculation des véhicules neufs (ou importés considérés comme neufs) qui dépassent un seuil d'émission fixé par la loi de finances. Le montant est calculé selon la norme d'homologation du véhicule :

  • les véhicules homologués selon la procédure WLTP (la quasi-totalité du parc neuf depuis 2020) relèvent d'un barème progressif qui démarre à quelques dizaines d'euros et peut atteindre plusieurs dizaines de milliers d'euros pour les véhicules les plus émetteurs ;
  • les véhicules anciens homologués selon l'ancienne procédure NEDC ou simplement par cylindrée (anciens imports, véhicules non homologués CE) sont soumis à un barème forfaitaire distinct.

Un malus au poids peut s'ajouter pour les véhicules neufs dépassant un seuil exprimé en kilogrammes, avec un coût par kilogramme supplémentaire fixé annuellement. Les véhicules d'occasion immatriculés en France ne sont pas redevables du malus CO₂ ni du malus au poids lors d'un simple changement de titulaire : ces taxes sont dues une fois à la première immatriculation.

Les véhicules 100 % électriques sont exonérés de malus. Les hybrides rechargeables bénéficient d'un abattement partiel selon leur autonomie en mode électrique et selon les critères annuels fixés par la loi de finances.

Exonérations et cas particuliers

Plusieurs situations ouvrent droit à une exonération totale ou partielle de la taxe régionale :

  • véhicule transmis au conjoint survivant dans le cadre d'une succession (taxe régionale exonérée par l'article 1599 quindecies du Code général des impôts) ;
  • véhicule de collection (30 ans et plus, attestation FFVE ou mention « Collection » portée sur la carte grise), avec une taxe fixe et un tarif régional souvent minoré ;
  • duplicata de carte grise perdue, volée ou détériorée (2,76 € d'acheminement uniquement, pas de taxe régionale) ;
  • changement d'état civil, de nom d'usage ou d'adresse — gratuit pour les trois premiers changements d'adresse, redevance d'acheminement au-delà ;
  • véhicules immatriculés en Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion et Mayotte, dont les taux régionaux spécifiques peuvent être plus bas que la métropole.

À l'inverse, certaines situations entraînent des majorations : immatriculation tardive au-delà du délai légal d'un mois après l'achat (amende forfaitaire de 135 € prévue par l'article R322-5 du Code de la route), dossier incomplet qui oblige à déposer une nouvelle demande, ou véhicule importé d'un État non membre de l'Union européenne qui exige un quitus fiscal et un certificat de conformité européen.

Simuler le coût avant la démarche

Le simulateur officiel intégré au portail ANTS calcule le montant total dès que le titulaire renseigne la plaque d'immatriculation (ou le numéro VIN pour un véhicule neuf) et la région de résidence. Le résultat prend en compte la puissance fiscale, la date de première immatriculation, les émissions de CO₂ homologuées et le barème en vigueur. C'est ce simulateur qui fait foi lors du dépôt du dossier.

Les concessionnaires et mandataires habilités SIV disposent du même outil et intègrent le montant dans le devis remis à l'acquéreur lors de l'achat d'un véhicule neuf. Pour une vente entre particuliers, l'acquéreur peut anticiper le coût en simulant la démarche avec les informations de la carte grise du vendeur. Les étapes complètes de la demande figurent sur la page de référence carte grise.

Paiement et réception du titre

Le règlement s'effectue par carte bancaire lors du dépôt du dossier en ligne. Aucun paiement en espèces n'est accepté : l'ANTS ne reçoit plus de public en guichet depuis la dématérialisation complète de novembre 2017. Pour les usagers qui ne peuvent pas faire la démarche eux-mêmes, les espaces France Services offrent un accompagnement gratuit dans plus de 2 700 points du territoire.

Une fois le paiement validé, l'ANTS génère un certificat provisoire d'immatriculation (CPI) téléchargeable immédiatement, valable un mois en France. Le titre définitif est imprimé à l'Imprimerie nationale et expédié en lettre suivie sous une à trois semaines. Pour le détail des pièces à joindre selon la situation (vente d'occasion, neuf, succession, import), consulter la fiche Certificat d'immatriculation : immatriculer un véhicule d'occasion.