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Au moment d’acheter une voiture d’occasion, vous épluchez le kilométrage, l’historique d’entretien et l’état de la carrosserie. Les quatre pneus, pour leur part, peuvent passer au second plan. Pourtant, c’est l’une des premières factures qui peut tomber juste après la signature.
On regarde rarement la gomme de près pendant un essai, et c’est une erreur. Des pneus proches de la limite légale, fixée à 1,6 mm de profondeur de sculpture (1), devront être changés dans les semaines qui suivent.
Le témoin d’usure, ce petit bossage logé au fond des rainures, vous indique ce seuil d’un simple coup d’œil. Avant de rouler, il est recommandé de vérifier l’état des gommes et d’anticiper le choix de pneus adaptés à votre véhicule. En effet, le montant varie beaucoup selon les dimensions et le type de monte. Un train complet peut coûter quelques centaines d’euros sur une citadine, ou bien plus sur un modèle récent.
Repérer ce point avant l’achat vous laisse une marge pour discuter le prix de votre future auto.
Le tarif d’un pneu dépend largement de la voiture sur laquelle il est monté. Les SUV et les berlines récentes embarquent souvent de grandes jantes et des profils taille basse, plus chers à remplacer que les montes d’une petite citadine. Les dimensions peu courantes, les indices de charge et de vitesse élevés ou les gammes haut de gamme font gonfler le prix à payer.
Avant d’acheter, notez les chiffres inscrits sur le flanc du pneu, par exemple 205/55 R16, et comparez les tarifs en ligne. Vous saurez ainsi à quoi vous attendre le jour où le remplacement deviendra nécessaire.
Sur une voiture bien suivie, les quatre pneus sont en général de la même marque et s’usent au même rythme. Des gommes de marques différentes, un pneu flambant neuf au milieu de trois fatigués, ou deux montes qui ne se ressemblent pas sur un même essieu, soulèvent des questions.
La réglementation impose d’ailleurs que la différence de profondeur entre deux pneus d’un même essieu ne dépasse pas 5 mm (1) et qu'ils doivent être de même marque et de même modèle. Un tel écart trahit souvent un remplacement effectué au coup par coup, sans logique d’entretien.
Avant de vous engager, demandez au vendeur quand et pourquoi les pneus ont été changés.
Au-delà de la marque, c’est la forme de l’usure qui parle. Une gomme mangée sur un seul bord pointe vers un défaut de parallélisme ou de géométrie des trains roulants, un réglage que le précédent propriétaire n’a peut-être jamais fait corriger.
Une usure marquée au centre ou sur les épaules renseigne sur la pression, tandis qu’un train avant très entamé peut trahir une conduite nerveuse. Côté sécurité, des pneus fatigués allongent les distances de freinage et tiennent moins bien la route sous la pluie.
La Sécurité routière rappelle l’importance d’un contrôle régulier de la pression et de l’usure (2). Un tour attentif des quatre roues, complété si possible par l’avis d’un garagiste, vous évite de payer des réparations dès l’achat de votre auto d’occasion.
Sources
(1) Arrêté du 18 juillet 2019 relatif aux pneumatiques (art. 5), pris en application de l’article R314-1 du Code de la route – https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/article_jo/JORFARTI000038987859
(2) Sécurité routière – Conseils pour l’équipement de la voiture – https://www.securite-routiere.gouv.fr/chacun-son-mode-de-deplacement/dangers-de-la-route-en-voiture/equipement-de-la-voiture/conseils