Les stages

Le stage de sensibilisation à la sécurité routière est une formation de deux jours qui permet à un conducteur de récupérer jusqu'à 4 points sur son permis, dans la limite du plafond (12 points, ou 6 pendant la période probatoire). Il peut être suivi une fois par année civile glissante — la date retenue est celle du dernier stage, et le conducteur doit attendre 366 jours avant d'en suivre un nouveau valable pour récupérer des points. Le cadre est posé par l'article L. 223-6 du Code de la route et détaillé sur la fiche service-public.gouv.fr — Stage de sensibilisation à la sécurité routière.

Cette page présente les modalités pratiques (durée, programme, coût), les centres habilités, la fréquence autorisée et la distinction entre stage volontaire et stage imposé par l'administration ou le juge.

Durée, programme et groupe

Le stage dure deux journées consécutives de sept heures, soit un volume total de quatorze heures encadrées par deux animateurs : un expert en sécurité routière et un psychologue. Les groupes comptent entre six et vingt stagiaires. La formation est théorique — aucune conduite n'est prévue pendant le stage.

Le programme aborde les statistiques de la sécurité routière, la logique de l'accident, les facteurs de risque individuels (vitesse, alcool, stupéfiants, téléphone, fatigue), les dispositifs de sécurité active et passive, et un travail de groupe sur le comportement au volant. La Sécurité routière publie les informations officielles sur la page Sécurité routière — Le permis à points.

Coût d'un stage volontaire

Le prix d'un stage n'est pas encadré par l'État. Il est fixé par chaque centre agréé et varie en général de 150 € à 270 €, selon la zone géographique et l'organisme. Le stage reste à la charge exclusive du stagiaire — aucune prise en charge par la sécurité sociale, l'assurance auto ou l'employeur n'est prévue. Pour les stages volontaires, aucune aide publique spécifique n'est disponible.

Le paiement est exigé à l'inscription. En cas d'annulation à moins de quelques jours, les conditions de remboursement dépendent du contrat conclu avec le centre.

Centres agréés par la préfecture

Seuls les centres habilités par la préfecture du département peuvent organiser un stage donnant lieu à récupération de points. La liste officielle est tenue par chaque préfecture et mise à disposition sur son site. Un centre non agréé peut proposer une formation similaire, mais celle-ci n'ouvre pas droit au recrédit de points.

L'agrément est délivré pour une durée limitée, après vérification des locaux, des qualifications des animateurs et du contenu pédagogique. L'attestation de stage, remise en fin de deuxième journée, comporte le numéro d'agrément du centre. Un exemplaire est transmis à la préfecture du département dans lequel le stage s'est déroulé.

Récupération des points

La récupération de 4 points est effective le lendemain du dernier jour de stage. Le nombre de points crédités ne peut pas faire dépasser le plafond du permis : pour un conducteur probatoire, la récupération est plafonnée à 6 points ; pour un conducteur hors probatoire, à 12 points. Un stagiaire dont le solde est déjà à douze points ne peut donc pas bénéficier d'un stage pour anticiper une perte future.

Deux conditions doivent être remplies le jour du stage : disposer d'au moins un point sur le permis (un permis invalidé ne peut pas bénéficier du dispositif), et ne pas avoir suivi d'autre stage ouvrant droit à récupération dans l'année écoulée. Le mécanisme général de récupération est détaillé sur la page récupérer des points.

Stage obligatoire en période probatoire

Pour les conducteurs en période probatoire, le stage devient obligatoire après une infraction entraînant un retrait de 3 points ou plus. Le conducteur est informé par lettre recommandée (référence 48 N) et doit suivre le stage dans un délai de quatre mois à compter de la réception. L'infraction donne droit au remboursement de l'amende, sous réserve que le stage soit effectivement suivi. Les règles applicables sont exposées sur la fiche service-public.gouv.fr — Permis de conduire probatoire.

Le non-respect de cette obligation est sanctionné par une amende de 4e classe (jusqu'à 750 €) et par la suspension administrative du permis jusqu'à l'accomplissement du stage.

Stages imposés : sans récupération de points

Plusieurs situations conduisent à un stage obligatoire sans récupération de points. Dans le cadre d'une composition pénale, le procureur peut proposer au contrevenant de suivre un stage en contrepartie de l'extinction de l'action publique. Le cadre général est exposé sur la fiche service-public.gouv.fr — Composition pénale.

Dans le cadre d'une peine complémentaire, le juge peut imposer le stage au terme d'une condamnation pour une infraction routière. Le stage doit alors être suivi dans un délai de six mois. Dans le cadre d'une alternative aux poursuites, le procureur peut proposer le classement sans suite sous réserve du suivi du stage. Dans aucun de ces trois cas, le stage n'ouvre droit à un recrédit de points — sa fonction est pénale, pas pédagogique vis-à-vis du capital.

Différence avec le stage post-permis

À ne pas confondre avec le stage post-permis, créé en 2019, qui s'adresse aux jeunes conducteurs et permet de réduire la période probatoire d'un an (sous conditions). Ce stage ne recrédite pas de points et relève d'un dispositif distinct, destiné à consolider les acquis de formation initiale.