PV, points perdus

Le permis français est attribué avec un capital de douze points, ramené à six pendant la première année de la période probatoire. Chaque infraction sanctionnée par un retrait de points en diminue le solde ; au-delà d'un certain nombre, le permis est invalidé. Le mécanisme est encadré par les articles L223 du Code de la route et la procédure est strictement décrite par les textes.

La fiche service-public.gouv.fr — Perte de points du permis de conduire détaille chaque étape, de la constatation de l'infraction à l'actualisation du fichier national.

Quand les points sont-ils retirés ?

Le retrait de points n'est pas immédiat. Il intervient après que l'infraction a été reconnue par l'une des voies suivantes :

  • le paiement de l'amende forfaitaire, qui vaut reconnaissance de l'infraction ;
  • l'émission d'un titre exécutoire lorsque l'amende forfaitaire devient majorée faute de paiement ni contestation dans le délai de quarante-cinq jours ;
  • la décision de justice devenue définitive (condamnation du tribunal de police ou du tribunal correctionnel).

Le délai entre l'infraction et l'actualisation effective du solde peut atteindre plusieurs mois, en particulier pour les infractions jugées en audience. Le conducteur est informé par lettre (formulaire 48) du retrait effectif et du solde restant.

Combien de points par infraction ?

Le barème officiel varie de 1 à 6 points selon la nature de l'infraction. La fiche service-public.gouv.fr — Barème des points retirés par infraction et la page Sécurité routière — Barème des retraits de point constituent les deux références. Repères principaux :

  • excès de vitesse inférieur à 20 km/h (limite supérieure à 50 km/h) — 1 point ;
  • téléphone tenu en main au volant — 3 points ;
  • non-respect d'un stop ou d'un feu rouge — 4 points ;
  • circulation sur la bande d'arrêt d'urgence — 3 points ;
  • alcoolémie supérieure à 0,5 g/L — 6 points ;
  • conduite sous l'emprise de stupéfiants — 6 points ;
  • grand excès de vitesse supérieur à 50 km/h — 6 points.

Un cumul d'infractions constatées dans un même contrôle ne peut pas aboutir à un retrait supérieur à huit points, quelle que soit la somme arithmétique des sanctions prévues. La règle est rappelée sur la fiche Peut-on perdre tous les points en une seule fois ?.

Consulter son solde de points

Le solde du permis est accessible à tout moment via le téléservice officiel Mes Points Permis, géré par l'ANTS. La procédure de consultation et les informations fournies (solde, historique, relevé intégral) sont décrites sur la fiche service-public.gouv.fr — Consulter et télécharger les informations du permis. L'accès se fait par FranceConnect ou à l'aide du code confidentiel reçu lors de l'obtention du permis.

Le relevé intégral d'informations retrace cinq années de mouvements : infractions constatées, retraits, reconstitutions, stages. C'est la référence en cas de litige avec l'administration.

Reconstituer son capital de points

Trois mécanismes distincts permettent de récupérer des points.

Reconstitution automatique partielle. Un point retiré au titre d'une infraction de 1re, 2e ou 3e classe est recrédité après six mois sans nouvelle infraction. Les points retirés pour une infraction de 4e ou 5e classe ou pour un délit se récupèrent après deux années sans infraction — trois années si l'infraction est un délit. Le mécanisme est détaillé sur la fiche service-public.gouv.fr — Récupération des points du permis de conduire.

Reconstitution totale. À l'issue d'un délai de dix ans sans infraction ayant entraîné un retrait de points, et à la condition d'avoir acquitté toutes les amendes, le permis est recrédité à douze points. Cette reconstitution totale s'applique également lorsque l'ensemble des retraits provient d'infractions de 1re à 4e classe et que le conducteur reste trois ans sans nouvelle infraction.

Stage de sensibilisation à la sécurité routière. Le stage volontaire permet de récupérer jusqu'à quatre points, dans la limite du plafond initial du permis (douze ou six points pour le probatoire). Il peut être suivi une fois par an au plus. Le stage est obligatoire pour certaines infractions commises en période probatoire (retrait d'au moins trois points). La fiche service-public.gouv.fr — Stage de sensibilisation à la sécurité routière précise les conditions et le calendrier.

Conducteur probatoire : règles spécifiques

En période probatoire, le capital de départ est de six points. Il est majoré de deux points chaque année sans infraction ayant entraîné un retrait, pour atteindre douze points au terme de trois ans (deux ans en cas de conduite accompagnée). Une infraction entraînant un retrait d'au moins trois points pendant la période probatoire impose de suivre un stage de sensibilisation dans les quatre mois, sous peine d'amende de 4e classe. Les règles applicables au permis probatoire sont récapitulées sur la fiche service-public.gouv.fr — Permis de conduire probatoire.

Conséquence du solde à zéro

Lorsque le solde atteint zéro, le préfet notifie la décision d'invalidation par lettre recommandée. Le conducteur doit remettre son permis et respecter un délai d'interdiction avant de pouvoir s'inscrire à un nouvel examen. Avant cette étape extrême, une suspension du permis peut déjà interrompre la conduite pour une période déterminée ; les démarches de retour au permis sont détaillées sur la page repasser le permis de conduire.

Avant ce stade critique, un stage de récupération peut sauver un solde proche du zéro. Le suivi de son capital via Mes Points Permis est le meilleur moyen d'anticiper.